Le chantier de restauration

JANVIER 2015 – JUIN 2017 

Le chantier de restauration dont a bénéficié le château d'Azay-le-Rideau entre janvier 2015 et juin 2017 porte sur les charpentes, l'ensemble des couvertures, les parties hautes des maçonneries, la sculpture et les menuiseries. 

 

Les échafaudages 

Un échafaudage et un parapluie couvrant la totalité du chantier a permis l'intervention des charpentiers, des couvreurs et des tailleurs de pierre en toute sécurité et a assuré la parfaite protection des combles et des étages durant l'intervention. 

 

Coupe de l'échafaudage et du parapluie - Droits réservés

 

Les façades et sculptures en tuffeau

 

La sculpture ornementale d'Azay-le-Rideau, en grande partie d'origine, témoigne des talents réunis dans la région au XVIème siècle par les commandes royales et aristocratiques. Le tuffeau clair, tendre et facile à sculpter, favorisa l'essor du nouveau style.

Les restaurations du début du XXème siècle ont eu recourt au plâtre pour certains scellements et pour réaliser des mortiers imitant le tuffeau. Le plâtre s'est avéré nocif pour la pierre qui a également souffert de mortiers trop durs ou trop étanches, ou de la rouille des gougeons en fer.

 

Cartographie des pierres dégradées - Droits réservés. 

 

Le restaurateur vise à assurer la conservation de la matière d'origine avec des techniques modernes : nettoyage au laser, à l'outil diamanté, dessalement contrôlé ou consolidation au silicate. Lorsque les éléments anciens ont disparu, le sculpteur intervient avec les mêmes techniques qu'au XVIème siècle, en sculptant les blocs de tuffeau posés par le tailleur de pierre.

 

Détails des décors sculptés / bâche décorative de l'escalier en chantier.

 

LA CHARPENTE

Depuis 2011, les visiteurs ont la chance de pénétrer dans les combles du château où subsiste la charpente d'origine, dans un état de conservation exceptionnel. Pendant les travaux de restauration de la toiture, la charpente a été mise à nue : depuis les combles, un dispositif d’accueil a permis aux visiteurs d’observer les compagnons au travail. 

Les chênes qui ont servi à la construction de la charpente ont été coupés durant l'hiver 1518-1519. Ils proviennent de la forêt de Chinon, autrefois domaine royal, distante du château de quelques kilomètres.

  

 

Détail de l'assemblage : Les chênes qui ont servi à la construction de la charpente ont été coupés durant l'hiver 1518-1519. La découpe et l'assemblage des pièces de bois sont remarquables : le savoir-faire exceptionnel des charpentiers du XVIème siècle est pour beaucoup dans la conservation de cet ouvrage à travers les siècles. Perpétué jusqu'à nos jours, l'art du tracé de charpente a été inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2009.

 

Schéma de la charpente - Droits réservés. 

 

 

LA TOITURE

Une part importante du chantier de restauration concerne la toiture, qui présentait des problèmes d'étanchéité, menaçant la charpente du XVIème siècle. Les ardoises défectueuses ont été remplacées et les épis de faîtages consolidés. Le chantier a permis la redécouverte d'un patrimoine mal connu : les faîtages en plomb portent un décor polychrome extrêmement rare, qui a été protégé.

La restauration de la toiture est un chantier complexe, exigeant le savoir-faire d'artisans, d'entreprises et de compagnons très qualifiés.

LES ARDOISES

L'ardoise semi-épaisse employée à l'origine pour la couverture du château d'Azay-le-Rideau est celle du bassin d'Anjou. Au cours des siècles, la toiture a été ponctuellement réparée : il en résultait un ensemble peu homogène, tant dans les coloris que dans les techniques mises en œuvre. Pendant les travaux, toute la toiture a été déposée et et l’intégralité des ardoises remplacée.

Les ardoisières du bassin d'Angers ayant définitivement fermés en 2013, c'est une ardoise de Gallice, dont les caractéristiques sont les plus proches de celle d'Anjou, qui a été sélectionnée.

 

État des couvertures avant restauration.

 
Restaurer la toiture d'un monument historique nécessite un savoir-faire rare : sur le chantier, les couvreurs reproduisent les techniques anciennes, qui consistent à fixer les ardoises avec un clou. La pose des ardoises est dite à liaison brouillée et à pureau décroissant : c'est-à-dire que les pièces sont posées avec un léger décalage, de façon à ne laisser apparaître aucune ligne disgracieuse.

 

LES ÉPIS DE FAÎTAGES

Les épis de faîtages sont les éléments décoratifs en plomb et divers métaux qui ornent le sommet des toitures. Ceux du château d'Azay sont exceptionnels par leur décor et leur hauteur (6 mètres). Bien conservés, ils datent des XVIème et XIXème siècles.

 

Épi de faîtage du château d'Azay-le-Rideau.

LES DÉCORS POLYCHROMES DES FAÎTAGES 

Le faîte est le sommet de la toiture. Pour assurer l'étanchéité de la couverture, l'arrête est protégée par un élément que l'on appelle faîtage. Celui d'Azay, réalisé en plomb, est exceptionnel : il porte les traces d'un décor polychrome ornemental, composé de végétaux, de grotesques et d'héraldique.

 

Détails des plombs polychromes.

 

 À peine visible à l'œil nu, ce décor a été nettoyé et consolidé, afin de prévenir les dégradations. Seuls les éléments les plus déformés ont été déposés et remplacés.

 

Identification des motifs, étude préalable des plombs polychromes - Droits réservés.

 

Chiffres clés du chantier

 

Le chantier d'Azay-le-Rideau. Vue globale et détails.

 

Hauteur de l'échafaudage : 28.5 m²
Chêne neuf pour la charpente : 35 m3
Couverture neuve : 1838 m²
Faîtage en plomb neuf : 99 ml
Poids d'ardoise : 75 tonnes
Épis de faîtage restaurés : 8

 

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